Fiscalité immobilière au Portugal pour les Français propriétaires : tout ce qu’il faut savoir

Fiscalité immobilière au Portugal pour les Français propriétaires : tout ce qu’il faut savoir

Valérie
Valérie Chasseur immobilier au Portugal
21/07/2026 13 minutes de lecture

C’est souvent le sujet qui fait peur. Dès qu’on parle de fiscalité internationale, de convention bilatérale et de double imposition, beaucoup d’acheteurs français ont le réflexe de décrocher. Pourtant, la fiscalité immobilière portugaise est globalement favorable aux propriétaires étrangers — à condition de la comprendre et de l’anticiper. Voici un tour d’horizon complet, clair et sans jargon inutile.


Avertissement préalable — et il est important

La fiscalité est une matière personnelle, évolutive, et complexe. Cet article vous donne les grandes lignes du cadre fiscal applicable aux Français propriétaires au Portugal en 2026. Il ne remplace pas le conseil d’un fiscaliste spécialisé en droit franco-portugais, qui analysera votre situation personnelle — revenus, statut, structure de détention, projets — pour vous donner des recommandations adaptées.

Considérez cet article comme une boussole. Pas comme un guide de déclaration fiscale.


Le point de départ : êtes-vous résident fiscal français ou portugais ?

Tout commence par cette question — et la réponse change absolument tout.

Si vous êtes résident fiscal français

Vous vivez en France, vous y payez vos impôts, et vous achetez un bien au Portugal comme résidence secondaire ou investissement locatif. C’est le cas de la grande majorité des acheteurs français au Portugal.

Dans cette situation, vous avez des obligations fiscales dans les deux pays — Portugal et France — selon la nature des revenus et la convention fiscale bilatérale signée entre les deux États.

Si vous devenez résident fiscal portugais

Vous passez plus de 183 jours par an au Portugal, ou vous y établissez votre résidence principale. Vous devenez alors résident fiscal portugais, et c’est le Portugal qui devient votre pays d’imposition principal.

Ce changement de statut a des implications considérables sur l’ensemble de votre imposition — pas seulement sur l’immobilier. C’est une décision qui mérite une analyse approfondie avec un spécialiste avant d’être prise.

Dans cet article, nous nous concentrons sur le cas le plus fréquent : le résident fiscal français propriétaire au Portugal.


La convention fiscale France-Portugal : le socle de tout

La France et le Portugal ont signé une convention fiscale destinée à éviter la double imposition. Ce texte fondamental détermine quel pays a le droit de taxer quoi — et comment les deux systèmes fiscaux s’articulent.

Le principe général est simple : les revenus immobiliers sont imposables dans le pays où se situe le bien. Un Français propriétaire au Portugal paie donc ses impôts immobiliers au Portugal. Mais ces revenus doivent également être déclarés en France, où ils sont pris en compte selon un mécanisme qui évite — en théorie — la double imposition réelle.

En pratique, ce mécanisme fonctionne différemment selon la nature des revenus : revenus locatifs, plus-values, ou simple détention. Voyons cela en détail.


Les taxes à l’achat : ce que vous payez une seule fois

L’IMT — Imposto Municipal sobre Transmissões

C’est la principale taxe due lors de l’acquisition. Son montant dépend du prix d’achat et de l’usage du bien.

Pour une résidence principale : Le barème est progressif avec une exonération totale jusqu’à environ 97 064 €, puis des taux croissants. Au-delà de 1 050 400 €, le taux est de 7,5 %.

Pour une résidence secondaire ou un investissement locatif : Pas d’exonération. Le barème démarre à 1 % et monte jusqu’à 8 % pour les biens dépassant 1 050 400 €. C’est le cas de la grande majorité des achats réalisés par des Français non-résidents.

Pour les biens achetés via une société ou détenus dans certaines structures : un taux fixe de 10 % s’applique dans certains cas — un point à vérifier impérativement avec votre avocat avant de choisir votre mode de détention.

L’Imposto do Selo — Droit de timbre

0,8 % du prix d’achat, sans exception. Applicable à toutes les transactions immobilières.


Les taxes annuelles : ce que vous payez chaque année

L’IMI — Imposto Municipal sobre Imóveis

C’est la taxe foncière portugaise. Elle est due chaque année par le propriétaire du bien au 31 décembre de l’année précédente.

Base de calcul : la Valor Patrimonial Tributária (VPT), c’est-à-dire la valeur fiscale du bien — généralement bien inférieure à la valeur de marché. Une réévaluation périodique peut être demandée par l’administration, mais dans la pratique les VPT restent souvent stables pendant de longues années.

Taux : — Entre 0,3 % et 0,45 % pour les biens urbains (fixé par chaque commune) — Entre 0,8 % et 1 % pour les propriétés rurales — Certaines communes appliquent des majorations pour les biens vacants ou les propriétaires de plusieurs biens

En pratique : pour un appartement acheté 300 000 € dont la VPT est évaluée à 130 000 €, l’IMI annuelle sera de l’ordre de 390 à 585 €. C’est très raisonnable comparé à la taxe foncière française.

Paiement : l’IMI est prélevée entre avril et novembre selon le montant dû. En dessous de 500 €, en une fois en mai. Entre 500 et 1 000 €, en deux fois. Au-delà de 1 000 €, en trois versements.

L’AIMI — Adicional ao IMI

C’est une taxe supplémentaire sur les patrimoines immobiliers importants, introduite en 2017. Elle ne concerne pas la majorité des acheteurs de résidences secondaires standard.

Seuils et taux pour les personnes physiques : — Exonération totale en dessous de 600 000 € de VPT totale — 0,7 % entre 600 000 € et 1 000 000 € de VPT — 1 % entre 1 000 000 € et 2 000 000 € de VPT — 1,5 % au-delà de 2 000 000 € de VPT

Important : c’est la valeur fiscale totale de votre patrimoine immobilier au Portugal qui est prise en compte — pas la valeur de marché. Pour la plupart des propriétaires d’un ou deux biens de valeur standard, l’AIMI ne s’applique pas.


La fiscalité des revenus locatifs

Si vous louez votre bien au Portugal

Les revenus locatifs générés par un bien situé au Portugal sont imposables au Portugal, conformément à la convention fiscale.

Pour un non-résident, le taux d’imposition est de 25 % sur les revenus nets (revenus bruts moins les charges déductibles). C’est un taux fixe, sans progressivité.

Les charges déductibles au Portugal incluent notamment : — Les intérêts d’emprunt — Les charges de copropriété — L’IMI annuelle — Les travaux d’entretien et de réparation — Les assurances — Les honoraires de gestion locative — L’amortissement du bien (dans certaines conditions)

La déclaration au Portugal : vous devez déposer une déclaration fiscale annuelle au Portugal (Modelo 3) pour déclarer vos revenus locatifs portugais. Cette obligation s’impose dès le premier euro de revenu locatif.

Le traitement en France de ces revenus locatifs

C’est là que beaucoup de propriétaires français font des erreurs par omission.

Les revenus locatifs portugais doivent également être déclarés en France, même s’ils ont déjà été taxés au Portugal. La convention fiscale prévoit un mécanisme d’élimination de la double imposition — mais elle n’exonère pas de déclaration.

En pratique, ces revenus sont intégrés dans votre revenu global français et soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu — mais un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant est accordé, ce qui évite la double imposition effective.

En revanche, les prélèvements sociaux français (17,2 %) peuvent s’appliquer sur ces revenus dans certains cas — notamment si vous êtes affilié au régime de sécurité sociale français. C’est un point technique qui mérite une attention particulière et un conseil spécialisé.

La location saisonnière : le régime AL

Si vous exercez une activité de location touristique de courte durée (Alojamento Local), des règles spécifiques s’appliquent. Les revenus sont imposés dans la catégorie des revenus d’activité commerciale, avec des options de régime simplifié ou réel. Le taux applicable aux non-résidents est de 25 % sur les revenus nets, mais le calcul de la base imposable diffère de la location classique.


La fiscalité des plus-values immobilières

Au Portugal

Lorsque vous revendez votre bien, la plus-value réalisée est imposable au Portugal.

Pour un non-résident, le taux d’imposition sur la plus-value est de 28 % sur la totalité de la plus-value nette.

Calcul de la plus-value : prix de vente moins prix d’acquisition, déduction faite des frais d’acquisition (IMT, IS, honoraires), des travaux réalisés et documentés, et d’un coefficient de dépréciation monétaire appliqué selon la durée de détention.

Exonérations et abattements : contrairement à la France, il n’existe pas au Portugal d’exonération totale pour durée de détention. La plus-value reste taxable quelle que soit la durée de possession du bien. En revanche, le coefficient monétaire permet de réduire la base imposable avec les années.

Exception importante : si vous êtes résident fiscal portugais et que vous revendez votre résidence principale pour en acquérir une autre dans l’Union européenne dans un délai de 36 mois, vous pouvez bénéficier d’une exonération partielle ou totale. Cette règle ne s’applique pas aux non-résidents.

En France

La plus-value réalisée sur un bien étranger doit également être déclarée en France. La convention fiscale prévoit que la France accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt portugais acquitté, ce qui évite la double imposition effective sur la plus-value elle-même.

Mais attention : les prélèvements sociaux français (17,2 %) peuvent s’appliquer sur la plus-value, en plus de l’impôt portugais. Là encore, la situation personnelle de chaque contribuable peut varier — consultation d’un spécialiste indispensable.


Les obligations déclaratives en France : ce qu’on oublie souvent

Être propriétaire au Portugal crée des obligations déclaratives en France que beaucoup de propriétaires ignorent — parfois pendant des années, jusqu’au jour où l’administration fiscale française les rappelle à l’ordre.

La déclaration du bien immobilier étranger

Tout bien immobilier détenu à l’étranger doit être mentionné dans votre déclaration de revenus française. Il ne s’agit pas d’une imposition supplémentaire, mais d’une obligation déclarative. L’omission est sanctionnée.

La déclaration du compte bancaire portugais

Si vous avez ouvert un compte bancaire au Portugal — ce qui est fortement recommandé pour gérer votre bien — ce compte doit être déclaré chaque année en France via le formulaire 3916. Même s’il n’est pas rémunéré, même s’il ne génère pas de revenus. L’omission est sanctionnée par une amende de 1 500 € par compte non déclaré.

La déclaration des revenus locatifs

Comme évoqué précédemment, les revenus locatifs portugais doivent figurer dans votre déclaration française, dans la case dédiée aux revenus de source étrangère ouvrant droit à crédit d’impôt.

La déclaration IFI

Si votre patrimoine immobilier net mondial dépasse 1,3 million d’euros, vous êtes soumis à l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) en France. Votre bien portugais entre dans le calcul de votre patrimoine IFI. Des mécanismes de plafonnement existent pour les biens situés dans des pays ayant signé une convention fiscale avec la France — ce qui est le cas du Portugal.


La détention via une société : SCI, holding, luso-société

Certains acheteurs envisagent de détenir leur bien portugais via une structure sociétaire — une SCI française, une société portugaise (LDA), ou une holding. Cette approche peut présenter des avantages en termes de transmission patrimoniale, de gestion locative, ou d’optimisation fiscale dans certains cas.

Mais elle comporte aussi des risques et des contraintes spécifiques :

— Les biens détenus via certaines structures sont soumis à un taux d’IMT de 10 % à l’achat — Une SCI française propriétaire au Portugal peut être considérée comme une structure opaque par l’administration portugaise, avec des conséquences fiscales défavorables — Les règles de transparence fiscale et les obligations déclaratives sont complexes

Ce sujet ne doit jamais être abordé sans l’accompagnement simultané d’un avocat fiscaliste français et d’un avocat portugais. Les économies supposées peuvent rapidement se transformer en surcoût si la structure n’est pas correctement montée et maintenue.


Le régime IFICI : une opportunité pour certains profils

Depuis la suppression du régime NHR classique fin 2023, le Portugal a mis en place le régime IFICI — Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação. Ce dispositif s’adresse à des profils spécifiques : chercheurs, enseignants, certains professionnels qualifiés dans des secteurs définis, et dans certaines conditions des investisseurs.

Pour les personnes éligibles qui s’installent fiscalement au Portugal, ce régime offre des avantages fiscaux significatifs sur les revenus de source étrangère pendant une durée limitée.

Si vous envisagez de devenir résident fiscal portugais — et pas seulement propriétaire — ce régime mérite d’être étudié sérieusement avec un spécialiste.

Ce que vous devez faire avant d’acheter

Avant de signer quoi que ce soit, prenez le temps de consulter un fiscaliste spécialisé en droit fiscal franco-portugais. Cette consultation — quelques centaines d’euros — vous permettra de :

— Comprendre précisément votre situation personnelle — Choisir le meilleur mode de détention (nom propre, SCI, société portugaise) — Anticiper les obligations déclaratives des deux côtés — Optimiser légalement votre fiscalité locative et successorale — Éviter les erreurs d’omission qui peuvent coûter très cher

Chez Acheter Malin Portugal, nous travaillons avec des fiscalistes partenaires spécialisés en droit franco-portugais. Nous pouvons vous mettre en relation avec les bons interlocuteurs dès le début de votre projet.


La fiscalité portugaise : globalement favorable, à condition de bien la gérer

Le Portugal reste, malgré les évolutions récentes, un environnement fiscal globalement attractif pour les propriétaires étrangers. Une IMI faible, une plus-value taxée à taux fixe sans effet cliquet, des revenus locatifs imposés à un taux compétitif : le cadre est lisible et prévisible.

Ce qui fait la différence, c’est l’anticipation. Les propriétaires qui s’en sortent le mieux fiscalement ne sont pas ceux qui ont trouvé des montages complexes — ce sont ceux qui ont pris le temps de comprendre les règles avant d’acheter, et qui respectent scrupuleusement leurs obligations déclaratives dans les deux pays.


Vous avez un projet immobilier au Portugal ?

Chez Acheter Malin Portugal, nous accompagnons les francophones à chaque étape de leur achat — y compris sur les aspects fiscaux, en vous mettant en relation avec les bons spécialistes. Notre rôle : que vous abordiez votre achat avec toutes les cartes en main, sans mauvaises surprises.

Contactez-nous pour un premier échange gratuit. On vous aide à y voir clair.